États Généraux de la formation des enseignants: les contributions...


Jack Lang scandalisé par les projets de remise en cause de la formation professionnelle des maîtres.



A propos de la formation des maîtres, je lis non sans étonnement la dépêche de l'AFP en date du 29/09/08:


" Les présidents d'université et les directeurs d'IUFM (formation des maîtres) vont signer mardi avec le gouvernement un texte de début de discussions sur la réforme de la formation des enseignants, a affirmé le ministère de l'Enseignement supérieur dans un communiqué lundi.


Cette "charte relative aux principes directeurs de la réforme", sera signée mardi midi par la Conférence des présidents d'université (CPU), la Conférence des directeurs d'Instituts universitaires de formations des maîtres (CDIUFM), et les ministres Valérie Pécresse (Enseignement supérieur) et Xavier Darcos (Education).


La réforme, dont les principaux axes ont été annoncés en juin et qui doit s'appliquer en 2010, prévoit que le recrutement se fasse au niveau "master 2" (bac +5) et que le nouvel enseignant soit, dès la rentrée suivante, à plein temps devant une classe. Elle prévoit que la formation se fasse désormais à l'université par des "masters professionnalisants" et non plus à l'IUFM comme aujourd'hui.


L'équivalent de ce texte a déjà été proposé, mi-septembre, aux syndicats enseignants.


La charte énumère plusieurs thèmes de discussions, dont la "configuration des masters" et "les conditions d'intervention des enseignants du premier degré (écoles primaires, ndlr) et du second degré (collèges et lycées) au sein des universités".


Le document précise que "compte tenu de l'autonomie et de la responsabilité des universités, celles-ci, qu'elles soient dotées d'un IUFM ou non, doivent être libres de proposer des parcours adaptés", dès la première année de licence et "dans le cadre du processus d'intégration des IUFM au sein des universités", ajoute le texte.


Les masters devront articuler quatre "volets complémentaires (disciplinaire/épitémologique/didactique/professionnel)."
" Si je comprends bien ce texte, on renoncerait à une véritable année de formation des maîtres. Je ne peux imaginer que les professeurs et leurs syndicats puissent accepter une telle dégradation.


L'élève magistrat a droit à une année de formation professionnelle. Et le candidat professeur n'en serait pas digne?


Tout élève de Science Po ou de l'ENA ou de Polytechnique ou des Grandes Ecoles a droit à une année de stage.
Le serviteur de l'école de la République serait donc le seul à ne pas bénéficier d'une vraie préparation au métier alors même que sa mission est délicate et difficile?


Autre objection, les universités n'ont aucune compétence technique pour assurer une telle formation. Elles sont par ailleurs autonomes.
Est-il normal là encore que la République se dessaisisse de son pouvoir d'assurer à tous les maîtres de France une formation conforme à un cahier de charges national?


Ce qui se prépare me paraît plus gravissime que le reste.


Je développerai ces idées demain à l'IUFM de Caen à 18h30 en réponse à l'invitation des étudiants et des professeurs.


Jack Lang


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